Grand Siècle français et sons du Sud

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Les Passions - Orchestre baroque de Montauban offre deux programmes de concert à Toulouse, et un enregistrement de motets de Marc-Antoine Charpentier.

Le château de Rochemontès, à Seilh, accueillera trois concerts dominicaux pour le lancement d'une première saison à l'Orangerie, près de Blagnac en Haute-Garonne. Programmée par Catherine Kauffmann-Saint-Martin, cette saison sera inaugurée par Les Passions qui offrira, en costumes d’époque, le programme «Une soirée chez Riquet». Un spectacle où la musique de la cour de Louis XIV, à Versailles (Marin Marais, François Couperin), rejoint l’histoire de la construction du Canal du Midi - retracée dans un texte dit par le comédien Maurice Petit.

L'orchestre Les Passions vient par ailleurs de publier un recueil de motets à trois voix d'hommes du compositeur français Marc-Antoine Charpentier. Dirigé par Jean-Marc Andrieu, l'enregistrement intitulé "Beata est Maria"(1) réunit Vincent Lièvre-Picard (haute-contre), Sébastien Obrecht (ténor) et Jean-Manuel Candenot (basse), interprètes poignants de cette musique sacrée de la fin du XVIIe siècle. Entre autres pépites, le "Magnificat" sur basse obstinée - t
echnique importée d'Italie où séjourna Charpentier - est un moment rare se poursuivant sans faiblir sur près de neuf minutes. Il y décline son art de la mélodie et déploie une harmonieuse liberté malgré la construction répétitive et contraignante de la pièce. La complexité du "Salve Regina", où le compositeur s'inscrit dans la tradition grégorienne tout en jouant avec les dissonances, ne nuit en rien à l'épanouissement d'une somptueuse émotion. C'est un disque qui apaise et dont la splendeur invite à la méditation.

«Faire de la musique baroque, c'est être à la recherche de nouvelles sonorités, explorer des territoires vierges, des partitions inconnues ou des modes de jeu instrumentaux oubliés», avoue Jean-Marc Andrieu, le directeur artistique des Passions. L'Orchestre baroque de Montauban est invité avec
Jiang Nan et Wang Xinxin au Théâtre du Capitole, par le festival toulousain Made in Asia. Ils seront réunis pour le programme intitulé "Mirages des sons du Sud", une invitation à la découverte de musiques chinoises : les ballades Nanguan («vent du Sud»), joyaux musicaux et poétiques du Minan transmis dans l’île voisine de Taiwan seront interprétés par Wang Xinxin ; Jiang Nan donnera des chants antiques Guqu, issus d’une Chine classique confucéenne, ou encore le magnétisme et la fougue des pièces de cithare guzheng. «Nous débuterons ce concert par du Vivaldi, pour ensuite glisser de manière subtile et didactique vers la musique ancienne chinoise. Il ne s'agit pas de jouer en alternance l'une et l'autre musique mais de partager», poursuit Jean-Marc Andrieu.

Jérôme Gac

"Une soirée chez Riquet", dimanche 29 janvier, 16h30, à l'Orangerie de Rochemontès, Seilh.
Réservations à la Maison Midi-Pyrénées, 1, rue de Rémusat, Toulouse. Tél. 05 34 44 18 18. (Complet)


"Mirages des sons de Sud", mercredi 8 février, 20h00, au Théâtre du Capitole, place du Capitole, Toulouse. Tél. 05 61 63 13 13.

(1) Ligia digital

vendredi 27 janvier 2012 04:19 , dans DISQUES


L'absente

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Sandrine Kiberlain éclaire "L'oiseau", troisième film d'Yves Caumon.

Tarnais d'adoption, Yves Caumon a déjà réalisé "Amour d'enfance" en 2001 et "Cache-Cache" en 2005. Dans son nouveau film, "l'Oiseau", il filme une Sandrine Kiberlain (Anne) borderline, en errance solitaire entre un boulot ordinaire et un appartement désert. Courtisée par un jeune mâle (Clément Sibony), elle fuit le Roméo pour suivre un gros ours mal léché (Serge Riaboukine) croisé au hasard d'une rue sombre. Elle traverse Bordeaux comme une ombre, mutique et absente. Inquiétante ou lumineuse, la ville est belle, baignée par la Garonne où se dressent des ponts majestueux.

Au détour d'un plan, une brève conversation avec son ex-mari de passage (Bruno Todeschini) laisse entendre le passé douloureux d'Anne. Par petites touches, le spectateur reconstruit patiemment le puzzle d'une vie traversé par un drame. La caméra se détourne de l'artillerie lourde du mélodrame obscène façon Lars von Trier pour emprunter des chemins de traverse pudiques et délicats. À la gravité wagnérienne Caumon préfère la légèreté de Bach, il évite la mélancolie facile, panse méticuleusement les blessures de son héroïne qui a logé sa vie entre parenthèses. Quand un oiseau croise sa route, un rayon de soleil éclaircit son quotidien esseulé. Malgré de fugaces longueurs, "L'oiseau" est un moment de cinéma gracieux, simple et chaleureux.

Jérôme Gac
© Les Films du Losange

Déjà dans les salles

jeudi 26 janvier 2012 01:31 , dans FILMS


Grandes interprètes

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A Toulouse, Anna Caterina Antonacci et Natalie Dessay donnent leurs récitals à la Halle aux Grains, en compagnie des pianistes Donald Sulzen et Philippe Cassard.

L'extraordinaire timbre vocal et le talent d’actrice d'Anna Caterina Antonacci (photo) lui ont permis de se distinguer dans des œuvres des XVIIe et XVIIIe siècles (Monteverdi, Purcell, Haendel, Gluck, Paisiello et Mozart), tout en s'illustrant chez Rossini, Bellini, Donizetti, Verdi, Massenet ou Stravinsky. Interprétant à la fois des rôles de soprano et de mezzo, elle est reconnue de tous comme l’une des grandes voix d’aujourd’hui. Avec le pianiste américain Donald Sulzen, elle donnera à la Halle aux Grains un récital qui permettra d'apprécier son étonnant éclectisme stylistique. Exigeant et prometteur, le programme s'annonce comme un itinéraire singulier à travers quatre siècles de musique: Monteverdi, Cesti, Respighi, Pizzetti, Donaudy, Tosti, Hahn, Cilea, Catalani, Mascagni, Refice...


Elle aussi invitée des Grands Interprètes quelques jours plus tard, la soprano française Natalie Dessay se produira sur la même scène dans un programme de mélodies françaises (Debussy, Duparc, Chausson, Chabrier). Accompagné par Philippe Cassard, son récital sera ponctué de pièces pour piano solo de Fauré et Debussy. Le pianiste est par ailleurs l'invité permanent de la saison musicale de l'Espace Croix-Baragnon, où il égrène chaque mois ses fameuses "Notes du traducteur"(1).

A.C. Antonacci © Serge Derossi / Naïve

Anna Caterina Antonacci, mardi 7 février.
Natalie Dessay, mardi 28 février.
20h00, à la Halle aux Grains, place Dupuy, Toulouse. Tél. 05 61 21 09 00.

(1) "Notes du traducteur : Mozart, sonates et fantaisies à l'opéra", par Philippe Cassard (piano), mardi 21 février, 18h30 & 21h00, à l'Espace Croix-Baragnon, 24, rue Croix-Baragnon, Toulouse. Tél. 05 62 27 60 60.

mercredi 25 janvier 2012 02:20 , dans INFOS


Ballet de l'Opéra national de Perm

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Un hommage à Marius Petipa à Odyssud, par l’une des meilleures compagnies de danse classique en escale à Blagnac.

Ville natale de Diaghilev - créateur des célèbres Ballets russes de Paris -, Perm est dotée d'une compagnie de ballet classique qui, avec ses voisines du Bolchoï et du Kirov, est l'une des meilleures au monde. Déjà ovationnés à deux reprises à Odyssud, les 54 danseurs du Ballet de l'Opéra national de Perm reviennent à Blagnac pour un hommage au chorégraphe français Marius Petipa. Engagé comme premier danseur à Saint-Pétersbourg en 1847, Petipa est resté au service du Ballet impérial russe jusqu’à sa retraite en 1904. Il s'y produit jusqu’en 1868, devient maître de ballet en titre en 1869, et enseigne à l’école de danse qu’il dirige jusqu'en 1887.

Signant une soixantaine de ballets et les danses d’une trentaine d’opéras, c’est en tant que chorégraphe qu’il donne le meilleur. Outre les oeuvres originales, il reprend le répertoire qui alors disparaît de l’affiche du reste de l’Europe. Il adapte ainsi au goût pétersbourgeois, et à l’évolution de la technique, les ballets de Jean Dauberval, Jules Perrot et Arthur Saint-Léon. Surtout, il monte plusieurs versions de "Giselle" en lui donnant la structure qu’on lui connaît aujourd’hui. Il crée une majorité de ballets à thème fantastique (Casse-Noisette, Le Lac des cygnes, etc.), s’inspirant notamment des contes de Charles Perrault (La Belle au bois dormant, Cendrillon, Barbe-Bleue, etc.). Il travaille en établissant d’emblée un canevas précis de l’action et commande à ses compositeurs (Minkus, Tchaïkovski, etc.) une partition qui doit répondre à ses exigences stylistiques et musicales. Il développe le grand ballet, en trois ou quatre actes.


Diffusée hors de Russie après sa mort, l'oeuvre de Marius Petipa constitue à la fin du XXe siècle l’essentiel du répertoire de toute compagnie classique. Sur la musique de Tchaïkovski et le livret de Petipa, les danseurs du Ballet de l'Opéra de Perm donneront le second acte de "Casse-Noisette", fabuleux voyage fantasmé, dans la chorégraphie de Vassili Vainonen. Fresque orientale ayant pour cadre une Inde mystérieuse, chorégraphie de Petipa sur une musique de Minkus, le troisième acte de "la Bayadère" est aussi au programme. Enfin, le troisième acte de "la Belle au bois dormant" présente des numéros brillants ciselés avec élégance par Petipa, sur la célèbre musique de Tchaïkovski.

"La Belle au bois …" © Anton Zavyalov

Du 2 au 5 février, à Odyssud, 4, avenue du Parc, Blagnac. Tél. 05 61 71 75 10.

lundi 23 janvier 2012 20:21 , dans INFOS


L'âge d'or

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Le cinéma indépendant américain s'installe de nouveau à la Cinémathèque de Toulouse, avec une sélection de films produits durant ces trois dernières décennies.

Après le premier volet couvrant les années 50 à 70, la Cinémathèque de Toulouse programme une trentaine de films indépendants de l'Amérique des décennies suivantes. Ce second volet d'un cycle intitulé «Ciné Indé from USA» s'intéresse à la période qui a connu la consécration et l'explosion de ce cinéma d'auteur : de "Stranger than Paradise" de Jim Jarmusch, en 1984, au "Pulp Fiction" de Quentin Tarantino, en 1994. La formidable expansion des nouveaux marchés de la vidéo et de la télévision avait alors généré des sources de financements pour la production de films plus audacieux et personnels à moindre coût, en dehors du système des Majors.

Dans la sélection proposée par la Cinémathèque, on retrouve les grands noms des années 2000, ceux qui ont été les principaux acteurs de cet âge d'or du cinéma indépendant américain. Soit quelques uns des premiers - ou plus tardifs - films de Gus Van Sant (My own private Idaho, Will Hunting, Gerry), David Lynch (Eraserhead, Blue Velvet), Joel Cohen (Sang pour sang), Spike Lee (Nola Darling n’en fait qu’à sa tête), Steven Soderbergh (Sexe, mensonges et vidéo), James Gray (Little Odessa). Autant de cinéastes célébrés, couronnés de Palme d'or, Oscar et autres prestigieux prix, et ayant dessiné les contours d'un genre en train de s'inventer. La recette du succès devient alors un automatisme récupéré par Hollywood, un tremplin taillé pour la gloire par la firme indépendante Miramax - absorbée par Disney en 1993.

On attend surtout dans cette programmation des noms moins consensuels, mais reconnus pour leur entêtement à aborder des sujets subversifs ou marginaux, tels Abel Ferrara (Bad Lieutenant), Larry Clark (Kids) et Gregg Araki (The Doom Generation). D'autres comme Hal Hartley (Trust me, Simple men), Amos Kollek (Fiona) ou Kevin Smith (Clerks, Dogma, Méprise multiple) ont exploré des zones très intimistes avant de connaître des parcours plus discrets.

Jérôme Gac
Photo : "Blue Velvet" de D. Lynch

«Ciné Indé from USA /2», du 24 janvier au 4 mars, à la Cinémathèque de Toulouse, 69, rue du Taur, Toulouse. Tél. 05 62 30 30 11.

lundi 23 janvier 2012 17:43 , dans Cinémathèque de Toulouse


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