Avis de naissance

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Avec pour mot d’ordre «Artist comes first», la première édition du Festival international d’Art de Toulouse se déploie sur les fondations du Printemps de septembre.

Plasticien d’origine toulousaine, Jean-Marc Bustamante a été chargé de mener une réflexion sur le renouvellement du Printemps de Septembre. «Sous l’impulsion de cet artiste et de son projet pour la ville, le festival se métamorphose, change de nom et de date. Il affiche de nouvelles ambitions et place l’artiste au tout premier plan. La direction artistique sera assurée par un comité permanent constitué de personnalités internationales du monde de l’art suggérées par Jean-Marc Bustamante pour la singularité de leur parcours», annonce Marie-Thérèse Perrin, présidente et fondatrice du Printemps de Septembre. Le comité artistique du nouveau Festival international d’Art de Toulouse est formé par Christy MacLear qui dirige la Fondation Robert Rauschenberg à New York, Penelope Curtis de la Tate Britain à Londres, Isabelle Gaudefroy de la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, Eckhard Schneider du PinchukArtCentre à Kiev, Philippe Vergne de la Dia Art Foundation à New York et Olivier Michelon qui est le nouveau directeur du musée des Abattoirs. La formule «Artist comes first» est le fil rouge de cette manifestation s’inscrivant dans la durée - avec des commandes d’œuvres in situ - et investissant les monuments et les quais de la ville avec des pièces spectaculaires.

Pour cette première édition, des films du Berlinois Julian Rosefeldt - qui a notamment réalisé des vidéos pour les mises en scène de Thomas Ostermeier – seront projetés dans le réfectoire de l’ensemble conventuel des Jacobins. Première exposition consacrée à Howard Hodgkin en France depuis plus de vingt ans sera présentée à la Fondation Bemberg. Une sélection inédite d’une trentaine de ses peintures sera exposée à l’Hôtel d’Assézat. À l’Hôtel Dieu, l’artiste britannique Lindsay Seers a réalisé pour le festival une installation vidéo et sonore inspirée par le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Le Port-Viguerie sera l’écrin idéal pour le "50 foot fly’s eye dome" (photo), œuvre monumentale de l’architecte et inventeur américain Richard Buckminster Fuller. Prototype original, dôme géodésique de quinze mètres de diamètre récemment restauré, il n’a été exposé qu’une seule fois en public, à l’occasion du 150e anniversaire de la ville de Los Angeles, en 1981. À l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Tony Smith, le musée des Abattoirs rassemblera les œuvres de l’artiste américain - trois grandes sculptures occuperont la nef du musée – accompagnées par une large sélection de dessins, sculptures et photos de ses deux filles, Kiki et Seton. La galerie du Château d’Eau exposera l’artiste parisien Emmanuel Van der Meulen, et les Soirées nomades accueilleront notamment un concert du choeur du Capitole au Port-Viguerie et la chanteuse Chrysta Bell, protégée de David Lynch.

Jérôme Gac
"50 foot fly’s eye dome" © J. Warren - Buckminster Fuller Institute

Festival international d’Art de Toulouse, du 24 mai au 23 juin :
du lundi au vendredi de 12h00 à 19h00,
samedi et dimanche, de 11h00 à 19h00,
nocturnes, vendredi 24, samedi 25 et vendredi 31 mai, samedi 1er juin, jusqu’à minuit.

dimanche 19 mai 2013 21:21 , dans FESTIVALS


Ses hommes

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Comédienne et metteuse en scène, Céline Nogueira publie le texte de son solo "Noli me tangere", notamment interprété à la Cave Poésie, à Toulouse. Une rencontre et une lecture est annoncée à la librairie Ombres Blanches.

«Un pamphlet sensoriel sur le désir et contre l'abus...», dit-elle à propos du texte aujourd’hui édité(1), qu’elle a interprété en solo sur plusieurs scènes toulousaines. Céline Nogueira a rédigé "Noli me tangere. Ne me touche pas" par bribes : «Pendant deux ans, j’ai écrit en patchwork, et je me suis rendue compte que cette parole pourrait être vue et entendue». Entre 2007 et 2009, elle l’a joué à Toulouse successivement au TNT, au Ring, à la Cave Poésie. Dans ce récit autofictionnel, elle s'attache à décrire les tourments d'une femme aux prises avec les hommes de sa vie. Les souvenirs émergent par fragments désordonnées. Une parole douce, sensuelle et parfois âpre surgit, témoignage d'une existence en crise. Elle s’y dévoile à cœur ouvert. «Au départ, ce qui me semblait primer étaient les moments de relation et de jubilation, les sens. A la fin, le passage sur l’abus est arrivé sans que ce soit prémédité, mais il était sous-entendu depuis le début».

Le livre est dédié à son fils. Cette récente maternité l’oblige à laisser un temps de côté ses activités de formatrice en France pour le Studio Stella Adler de New York. Une école d’acteurs dont elle a d’abord été l’élève avant d’y enseigner. «J’y suis allée sur les conseils d’une connaissance. Mais je ne l’aurais jamais fait si j’avais su que Marlon Brando, Philip Seymour Hoffman et Benicio Del Toro y étaient passés. Le directeur de l’école me disait que le talent c’est 90 % de travail, c’est ce qui m’a plu. J’y ai été l’élève de Philip Seymour Hoffman - qui venait de tourner "Magnolia" - et de Yoshi Oida». De retour de New York, Céline Nogueira a monté la pièce de Sarah Kane "l’Amour de Phèdre", dans une mise en scène qualifiée par ses soins de «trash metal», au Théâtre Le Colombier à Cordes-sur-Ciel et au Théâtre des Mazades, à Toulouse. «J’étais fraîche et conquérante, je n’avais aucun compte à rendre. Puisque personne ne m’attendait, je pouvais tout faire…», se souvient-elle. Comme un avertissement.

Jérôme Gac

Rencontre avec Céline Nogueira, et lecture de "Noli me tangere", par Céline Cohen (comédienne), samedi 25 mai, 12h00, à la librairie Ombres Blanches, 50, rue Gambetta, Toulouse (entrée libre).

(1) Éditions Indigo.

vendredi 17 mai 2013 00:44 , dans LIVRES


Le précurseur

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Avec "Erik Satie, mémoires d’un amnésique", Agathe Mélinand réalise au Théâtre national de Toulouse un «petit opéra comique sans lyrics» pour dresser un portrait musical du compositeur français.

D’abord considéré comme un «amuseur» ou un «mystificateur» par ses compatriotes, Erik Satie devient le musicien français le plus vénéré par l'avant-garde internationale lorsque John Cage rend un hommage retentissant à son travail de pionnier. Il jouit tout autant d’une grande popularité grâce à ses œuvres les plus jouées que sont les "Gymnopédies" et les "Gnossiennes". Compositeur de musiques de ballet, tels "Parade" et "Relâche", Satie était une figure si pittoresque que sa musique reste indissociable de cette personnalité foisonnante. Artiste engagé, il avait adhéré au parti radical-socialiste, puis à la S.F.I.O et au parti communiste. Auteur de divers manifestes, il lançait des anathèmes contre les personnalités les plus en vue de son temps et composait des œuvres humoristiques et fantasques. Musicien inclassable, il ne cessait de remettre en question son esthétique dont se réclameront de jeunes musiciens réunis dans le groupe des Nouveaux Jeunes, le Groupe des Six, l’Ecole d’Arcueil.

Avec "Mémoires d’un amnésique", Agathe Mélinand réalise au Théâtre national de Toulouse un portrait musical d’Erik Satie. La co-directrice du TNT raconte la genèse de son spectacle: «C’est une pièce-disque, à la façon de ces livres-disques que l’on écoutait enfant. Sur scène, il y aura deux pianistes et quatre acteurs. Dans la musique d’Erik Satie, des lignes émergent, des thèmes se séparent et reviennent avec, comme moyen central, la ligne incroyablement pure et claire de sa composition, «une musique si claire qu’on voit à travers», comme disait Man Ray... La composition de Satie s’incarne en morceaux comme des tableaux très loin pourtant, de l’impressionnisme. "Mémoires d’un amnésique" serait un tableau blanc sur lequel apparaîtrait, après plusieurs coups de pinceaux, le visage de Satie. Cette réalisation ressemblera à un portrait fragmenté du compositeur. Un portrait drôle, soft, poétique, sublime… Et un peu punk quand même ! Car n’oublions pas qu’il est un précurseur de la musique moderne. La musique de Satie n’est jamais ennuyeuse, elle est au contraire pleine de surprises, de parodies, de citations, d’explosions. Tout en se permettant au passage, d’inventer la musique répétitive et le concept de Musique d’ameublement... Dans ce "Petit opéra comique sans lyrics", tout est de Satie, la musique et les mots. Tout n’est peut-être pas rangé, c’est un peu désordonné, mais j’espère que cela lui ressemble un peu. Il y a donc sa musique, ses mots, et beaucoup des mots qu’il écrivait sur la musique».

Jérôme Gac
E. Satie © Archives Erik Satie - Paris

Du 14 mai au 1er juin, au TNT, 1, rue Pierre-Baudis, Toulouse. Tél.: 05 34 45 05 05.

Conférence : «Satie, sa musique», par Michel Lehmann, jeudi 23 mai, 18h00, à l’auditorium de la médiathèque José Cabanis, 1, allée Jacques-Chaban-Delmas, Toulouse.


Retour en images sur la création de "Erik Satie, mémoires d’un amnésique", jeudi 30 mai, 19h00, au studio du TNT (entrée libre sur réservation).

samedi 11 mai 2013 01:03 , dans Théâtre national de Toulouse


Tenue correcte exigée

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Une reprise bienvenue des "Règles du savoir-vivre dans la société moderne", monologue incisif de Jean-Luc Lagarce, interprété avec légèreté par une Corinne Mariotto exquise, en ouverture du festival Coup de Chapeau.

Tout le monde sait que le rose est la couleur dont il convient de parer les petites filles, comme le bleu est celle des garçons. Mais peu de gens connaissent les détails du protocole en matière de placement des invités lors d’un repas de baptême. Affublée d’une ridicule robe blanche, Corinne Mariotto sautille en agitant vainement les bras. Avec l’air inspiré d’une Nadine de Rothschild qui aurait oublié de changer de millénaire, elle débite gaiement un interminable déroulé de recommandations à suivre dans chacun des grands événements qui marquent la vie d’un couple hétérosexuel et bourgeois.

Tout cela pourrait être rébarbatif si "les Règles du savoir-vivre dans la société moderne", pièce de Jean-Luc Lagarce pour une comédienne, n’était truffée de réflexions cinglantes relevant le ridicule de certaines situations : «Si on a bien voulu s'exercer chez soi, s'agenouiller à deux en se tenant main droite dans main droite n'est pas si difficile. On ne se marie qu'une fois et tout n'est jamais que question de volonté ». Quant aux apartés macabres, ils pullulent et finissent par contaminer ces solennités désuètes. Ainsi, à propos des noces d’or : «On prend garde à ne pas transformer ce jour de fête en jour de deuil» !

Mort en 1995 des suites du sida, Jean-Luc Lagarce était dramaturge, metteur en scène, et accessoirement homosexuel. À une époque où les homos souhaitant fonder une famille se réfugiaient dans la clandestinité, ou au mieux dans la plus grande discrétion, il a construit une œuvre prolixe traversée notamment des questions familiales. De famille, il est surtout question ici.
Francis Azéma avait mis en scène ce monologue à Toulouse, à l’occasion d’un vaste hommage rendu à l’auteur par le Théâtre du Pavé, au printemps 2005. Au moment où l'ouverture du droit au mariage s'étend en France aux couples de même sexe, on pourra réentendre à Toulouse ces jours-ci, au Chapeau Rouge, ce récit exhaustif et minutieux des convenances en matière de cérémonie de baptême, fiançailles, mariage et enterrement. Des bonnes manières héritées d’un autre âge qui auraient pu porter un autre titre: "les Règles de l’hypocrisie dans la société bourgeoise".

Jean-Luc Lagarce écrivait à propos de son texte : «Apprendre à vivre, savoir vivre, protégera toujours du naturel, et rassurera sur l'animal qui ne demande qu'à ressurgir : cette part de nous si mal élevée qui laisserait parler son coeur, s'approcher de ceux qu'ils aiment sans conscience de leur rang et leur place dans le Monde et s'éloigner des faux-semblants. Il s'agit de connaître et d'apprendre, dès l'instant déjà si mondain de sa naissance, à tenir son rang et respecter les codes qui régissent l'existence».

Jérôme Gac
©
Patrick Moll

Mercredi 22 mai, 21h00, au Chapeau Rouge, 56, allées Charles-de-Fitte, Toulouse. Tél. 05 61 22 27 77.

Festival Coup de Chapeau, du mercredi 22 au vendredi 24 mai, au Chapeau Rouge.

jeudi 09 mai 2013 00:25 , dans FESTIVALS


Les Maggiorate

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La Cinémathèque de Toulouse revient sur les carrières internationales de Gina Lollobrigida et Sophia Loren.

Chefs de file d'une jeune génération d'actrices qui émergent dans les années cinquante, Gina Lollobrigida et Sophia Loren sont devenues les icônes de l’âge d’or du cinéma italien. En seize films, la Cinémathèque de Toulouse retrace le parcours de celles que les Italiens appelaient les «Maggiorate» - terme désignant des femmes plantureuses. Incarnation de l'idéal féminin d'une époque, on retrouve leur nom dans la filmographie des maîtres italiens, avant qu’Hollywood ne leur ouvre la porte des studios.

Femme du producteur Carlo Ponti, Sophia Loren sera la première à remporter l’Oscar de la meilleure actrice pour un rôle dans un film en langue non anglo-saxonne, "la Ciociara" (La paysanne aux pieds nus), l’un des huit films qu’elle tourne avec Vittorio De Sica. La carrière de l’actrice est tout autant indissociable de celle de Marcelo Mastroianni dont elle sera douze fois la partenaire à l’écran. On la croise aussi à trois reprises dans la filmographie de Dino Risi. Elle sera par filmée par les grands noms d’Hollywood : Henry Hathaway, Sydney Lumet, George Cukor, Michael Curtiz, Stanley Donen ("Arabesque"), Charles Chaplin ("La Comtesse de Hong-Kong"), Anthony Mann ("Le Cid", "La Chute de l’Empire romain").


C’est en France que Gina Lollobrigida se fait d’abord remarquer en 1952 dans "Fanfan la Tulipe", de Christian-Jaque, puis "les Belles de nuit", de René Clair. Elle explose dans la foulée en Italie dans "Pain, amour et fantaisie" et "Pain, amour et jalousie" de Comencini. Elle tourne avec les plus grands cinéastes américains : John Huston, Robert Siodmak, Carol Reed, King Vidor, John Sturges. Et sera actrice pour Jean Delannoy dans "Notre-Dame de Paris", "Vénus impériale" et "les Sultans".

Jérôme Gac
"La Chute de l'Empire romain" © coll. La Cinémathèque de Toulouse

«Sophia et Gina», du 11 au 31 mai, à la Cinémathèque de Toulouse, 69, rue du Taur, Toulouse. Tél.: 05 62 30 30 11.

mardi 07 mai 2013 07:50 , dans Cinémathèque de Toulouse


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